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Conseil E-achat

Actualité

Publié le 11/05/2017 - Par la rédaction

Entretien Alain Alleaume, Altaris : « La grande vogue aujourd’hui, c'est le développement en mode agile »

Il revendique trente-sept ans d’expérience dans les achats. Beaucoup plus que les seules années Altaris, la société de conseil qu’il a fondée en 1999. Si Alain Alleaume ne dissimule pas son enthousiasme pour les outils e-achat, il ne perd jamais de vue leur objet principal : accompagner les entreprises dans l’amélioration de leur performance.

Comment se positionne Altaris sur le marché du conseil Achat ?

Altaris, c’est aujourd’hui une structure d’une dizaine de personnes et un écosystème de consultants indépendants experts de leur domaine. Nous nous positionnons comme un cabinet expert de la fonction achats qui accompagne ses clients dans l’amélioration de leur performance achat. Cela recouvre des missions de type audits, la mise en place de plans d’action, mais aussi la mise à disposition de ressources et enfin l’accompagnement à la mise en œuvre  d’outils e-achats ce qui représente un peu plus de 50% de notre activité. Notre intervention était jusque récemment axée sur les phases amont comme le cadrage des projets, la réalisation du dossier de consultation et l’aide au choix des solutions, alors que maintenant nous allons de plus en plus vers la direction de projet et l’aide à la mise en œuvre de la solution choisie par le client. La plupart des projets sont d’ailleurs beaucoup plus métier que strictement techniques. Le développement des solutions en mode SaaS permet de se concentrer davantage sur les paramétrages fonctionnels et de limiter ainsi les interventions à caractère technique sur les aspects intégration notamment. Même si l’intégration avec les autres systèmes d’information de l’entreprise reste un sujet maîtrise d’oeuvre, cela ne requiert plus de compétences de type développeur pour paramétrer voire le cas échéant entrer dans le code de l’application.

 

Est-ce qu’il est possible d’avoir une vision exhaustive des solutions e-achats disponibles tout en conservant son indépendance ?

Ce qui nous caractérise chez Altaris, c'est précisément notre bonne connaissance du marché des éditeurs, de l'évolution de leur offre tout en gardant à l'esprit notre indépendance vis à vis d’eux. C’est un  sujet sensible. Mais lorsque l’on est en phase de réalisation projet, cela suppose aussi de connaître plus à fond, les outils proposés. Il faut des formations ad hoc et donc un niveau de collaboration plus étroit avec les éditeurs. Mais il faut que ces derniers se donnent les moyens, d’abord de développer un écosystème en se focalisant sur leur métier d’éditeur et non pas sur celui de consultants projet, ensuite de disposer sur leur plateforme de solutions « out of the box », autrement dit du plus grand nombre possible  de “packages” pour permettre aux prestataires d'avoir le maximum d'autonomie dans la mise en oeuvre sans faire systématiquement  appel aux ressources expertes de l’éditeur. Enfin, il faut qu’ils aient également le plus possible “industrialisé” les kits de déploiement et de formation à destination de leurs partenaires, de leurs clients et jusqu’aux utilisateurs. Aujourd’hui, les solutions à préconiser doivent être les plus souples et les plus paramétrables possibles y compris par le client lui-même.

 

Justement, à propos cette fois du marché des solutions, comme évolue-t-il ?

Pour moi, l’avenir est aux solutions pré-packagées. Avec, encore une fois, des approches “industrialisées” qui peuvent être mises en oeuvre très rapidement. Entre quatre et six mois, entre l’accord sur le projet et son démarrage effectif. Et pas seulement, comme on peut l’entendre, sur un périmètre achats restreint. Nous évoquons bien là des projets de couverture complète de la gestion des engagements hors achats de production qui restent l’apanage des ERP. Mais en se concentrant dans un premier temps sur les processus les plus simples  que l’on peut ensuite étendre progressivement. C’est une double dimension à la fois de lotissement fonctionnel et géographique. Standardiser, simplifier, fonctionner très vite, même à grande échelle, et compléter ensuite avec d’autres process, voilà ce que les nouvelles générations d’outils et les nouvelles approches projet favorisent.

La grande vague du digital aujourd’hui, c’est le développement en mode agile. Les processus sont préétablis, dès la démonstration chez le client, nous pouvons  présenter un fonctionnement abouti. Ce sont des plateformes web dont il suffit de prédéfinir les principaux paramètres au cours d’un atelier avec les futurs utilisateurs. La mise en œuvre est ensuite très rapide. Le projet se découpe en sprints qui consistent en des ateliers fonctionnels à un rythme hebdomadaire : entre le lundi et le vendredi  les équipes peuvent visualiser de manière concrète le processus paramétré.

Le consultant métier redevient prépondérant : il sait analyser la valeur des fonctionnalités proposées, et les bonnes pratiques à mettre en œuvre. Avec des consultants orientés maîtrise d’œuvre avec un background technique, le risque, c’est de s’éloigner du métier.

 

Quels sont les besoins qui dictent les projets des entreprises ?

Il y a deux grands projets. Un qui doit couvrir tout le périmètre du Procure to Pay. Les ERP ne gèrent que les processus achats directs pilotés par le MRP.  L’idée, c’est de pouvoir maîtriser maintenant tous les engagements de l’entreprise, et de gérer le cash flow pour l’ensemble des dépenses liées aux achats directs et indirects. C’est le premier sujet. Le deuxième sujet, c’est le contrôle interne : assurer la conformité et faciliter les audits qui vont avec. L’enjeu, c’est la dématérialisation de l’ensemble des processus depuis l’expression du besoin jusqu’au paiement des fournisseurs. Une automatisation de bout en bout avec la réduction des tâches administratives et les gains de temps et de productivité qui en découlent,  et bien sûr  la traçabilité. C’est tout cela que sous-tend la digitalisation du processus P2P. Dans les grandes entreprises, ce sont de très grands projets qui concernent des milliers d’utilisateurs. Les projets Source to Contract, eux, s’adressent à un nombre plus limité d’acteurs, les acheteurs et leurs interlocuteurs internes. Ce sont des projets purement métiers.

 

Et les fournisseurs, comment s’intègrent-ils dans ces plans d’ensemble ?

C’est encore et toujours un problème d’ergonomie ! Il faut encore les convaincre de se connecter. Il s’échange encore beaucoup, de fichiers Excel pour les appels d’offres en ligne !  Bon nombre d’acheteurs envisagent leurs plateformes d’eSourcing comme une simple messagerie. Dans ce cas, G Suite (Google) ou Office 365 (Microsoft) suffiraient amplement ! Nous sommes encore loin des fonctionnalités collaboratives proposées par les outils e-achats. L’enjeu, c’est bien la base fournisseur. Elle est la pierre angulaire des projets SRM. Il faut  mettre en place l’unicité du compte fournisseur pour rassembler des informations éparses, à la fois économiques et opérationnelle avec au passage une meilleure gestion des risques  et obtenir des fiches de synthèse en quelques clics. Il subsiste une profonde asymétrie avec les outils de CRM qui contiennent toujours plus d’informations sur les clients. Alors qu’à l’inverse, ces derniers n’ont que peu d’éléments sur leurs fournisseurs !

Il n’y a pas encore de calcul de ROI sur le SRM, et pourtant ! La création de valeur passe forcément par les fournisseurs. Il faut des informations larges, objectives mais aussi subjectives, identifier et faire remonter les signaux faibles. L’eSourcing fait beaucoup de choses mais permet-il de trouver de nouvelles sources? D'identifier ses concurrents à l’achat ? Quels sont les outils qui permettent de remonter vers l’amont de l’amont? D’organiser une véritable veille ? Voilà des sujets prospectifs ! Mais je terminerai par un clin d’œil : dans tous les cas, rien ne remplacera le contact direct et les visites fournisseurs !

 

PORTRAIT

Alain Alleaume (Centrale Paris) a été responsable opérationnel achats pour Renault ou La Française des Jeux. Il a travaillé dans le conseil pour Eurosept Associés. Il a fondé Altaris en 1999.

Publié le 11/05/2017 - Par la rédaction

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