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Publié le 11/12/2015 - Par la rédaction

EIPM 2015: La révolution digitale des achats aura-t-elle lieu ?

Du 9 au 11 décembre, à la veille de l’année de ses 25 ans, l’EIPM accueillait une centaine de décideurs achats venus de toutes l’Europe pour imaginer le futur des achats et distinguer les vainqueurs des Peter Kraljic Awards.

Pour introduire la journée centrale de sa conférence achats annuelle 2015, à quelques jours du 25e anniversaire de l’école qu’il a créée en 1991, le fondateur de l’EIPM (European Institute of Purchasing Management), Bernard Gracia, a offert à ses invités un retour en images révélant l’évolution de la mode vestimentaire depuis le début des années 90. Et à part ça, qu’est-ce qui a changé dans les achats ? Cette question a parcouru l’ensemble des interventions des directeurs achats venus témoigner, suivant peu ou prou le thème des « nouveaux modèles financiers et de performance dans les achats ».

Pour le directeur des achats de Vodafone, Detlef Schultz, dont le groupe s’est immergé dans la révolution technologique des objets connectés, le changement est en tout cas une nécessité décoiffante. « Nous devons tous nous demander quel sera l'impact sur nos métiers, car beaucoup des actions que nous faisons aujourd’hui seront automatisées et remplacées par des robots », prophétise ce décideur qui gère 25 milliards d'euros d'achats par an (répartis en trois catégories : technologies ; commercial et services ; terminaux) avec une direction composée de 1 050 acheteurs basés au Luxembourg, en Hongrie et en Inde.

 

Transformer le Big data en informations

Les solutions que Vodafone développe pour répondre à ce saut technologique commencent à apparaitre : il s’agit par exemple de connecter des pièces mécaniques pour pouvoir monitorer leur performance en direct et offrir un service de maintenance continu aux utilisateurs… quitte à les approvisionner en pièces de rechanges par des drones automatisés, capables d’aller eux-mêmes se servir dans les stocks. La direction des achats a placé en tête de ses priorités 2016 le fait de contribuer à l’élargissement de l’activité du groupe vers ce type de services par la constitution de partenariats. Ils concerneront de grands acteurs du marché – Vodafone réalisant 40 % de ses achats avec 5 fournisseurs – comme des startups.

Mais son autre priorité consiste à appliquer à son propre fonctionnement les possibilités offertes par les nouvelles technologies de connexion numérique et le big data. « Nous devons maintenant nous préparer à l'internet des objets en transformant le big data en Informations », annonce Detlef Schultz. Les applications sont multiples, à commencer par la clarification de certaines dépenses telles que les licences de software utilisées par le groupe.

 

15 Térabits de données fournisseurs

Mais c’est dans la gestion de la relation fournisseurs que les bouleversements les plus spectaculaires pourraient bien intervenir. La direction des achats de Vodafone vient ainsi de se lancer l’expérimentation de Watson, un outil d’IBM proposant de traiter et qualifier d’immenses volumes de données fournisseurs, en associant celles possédées par le donneur d’ordres à celles disponibles sur le web. Detlef Schultz estime qu’à elle seule la masse des données fournisseurs que Vodafone va faire entrer dans Watson à partir de ses différentes sources internes (SAP, Oracle, Sharepoint, Remedy, Excel…) pèse 15 térabits.

« Nous commençons tout juste à nourrir Watson », explique Detlef Schultz, qui assume sans complexe le risque lié à sa position de pionnier : « Bien sûr il existe un risque de se faire abuser par l'outil, comme avec Google qui fait remonter en haut de pages certaines adresses, mais la meilleure et la seule manière de le savoir est d'essayer. En outre nous ne sommes pas obligés de suivre toutes ses recommandations et c’est un outil apprenant. Il garde la mémoire de nos refus et s'en sert pour réorienter ses prochaines propositions. » Reste à définir sa place dans les choix de sourcing du groupe, mais le directeur des achats ne doute pas que Watson sera à la manœuvre sur le champ de l’open innovation.

Conscient que les révolutions sont aussi faites de petits changements, Detlef Schultz a également adopté des outils digitaux plus modestes tels que « Supply Watch App » un tableau de bord de performance fournisseurs sous forme d’application pour smartphone (développé par une start-up). Destinée en particulier au top management du groupe, elle apporte un brief synthétique sur une quarantaine de fournisseurs stratégiques (contacts, contrats en cours, performances, KPI financiers, benchmarks technologiques…).


(Lire la suite de cet article complet dans le numéro 245 de La Lettre des Achats)

 

Les gagnants du prix EIPM-Peter Kraljic 2015

Direction achats de l’année : Atlantic Grupa (Danijel Banek)

Autres directions achats primées : direction des achats division Grand public France L’Oréal (Emmanuel Wallon), Saudi Télécom Compagny (Cyril Pourrat)

EDP (Energias de Portugal, Luis Marques Ferreira)

Publié le 11/12/2015 - Par la rédaction

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