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Publié le 10/11/2017 - Par la rédaction

Courrier aux fournisseurs : Make The Supplier Relationship Great Again !

Nous l’avons reçue au journal. Une perle. Nous n’avons pas résisté. Nous publions cette lettre envoyée par un donneur d’ordres à (tous) ses fournisseurs dont, même à notre modeste niveau, nous faisons partie. Objet : demande de réduction de prix à effet immédiat…

Ce courrier, rédigé en anglais (bon, pourquoi pas, il s’agit probablement d’une base fournisseurs mondiale…) commence plutôt bien : « Cher fournisseur… ». De quoi s’agit-il ? Un changement d’adresse ? Un changement de dénomination sociale ? Nous y sommes presque. Voici en effet, dès la première ligne, l’objet de la missive : « A la suite de notre acquisition récente de la société lambda (nous avons choisi d’occulter le nom de la société), nous avons revu notre politique fournisseurs afin d’optimiser notre supply chain (là, nous avons conservé l’expression en anglais) et de consolider nos relations fournisseurs. ». Ils sont prévenants ! Et de se justifier aussitôt : « nous espérons améliorer notre efficacité, notre niveau de service et simplifier nos plannings… ». Bon, c’est dit ici en résumé. Le plus intéressant reste à venir : comment ? Une belle généralité pour commencer : la missive vous informe que l’on prend en compte des critères de qualité, de service et de compétitivité prix…. Et que l’un dans l’autre, tout pris en compte (jeu de mot involontaire), eh bien, nos acheteurs se sont aperçus (en résumé toujours), qu’il y avait des écarts de prix et de service du côté de ces chers fournisseurs (jeu de mot toujours involontaire…). En clair, le repreneur s’aperçoit que le repris bénéficiait de meilleures conditions. Ou le prétend. Eternelle histoire. Un classique des Fusac (pardon, mergers & acquisitions). Vrai ou faux ? Le saura-t-on jamais, comme dit la chanson ?

Et hop : - 6% !

Toujours est-il, et là on passe aux choses sérieuses, que pour rester fournisseur du dit repreneur, les récipiendaires (how could we say in english ?) se voient demander une réduction immédiate de leurs prix de 6% (ah, quand même !) et un allongement des délais de règlement de… dix jours. Et hop ! Là, le courrier se finit avec quelques formules de politesse : merci d’avance, un acheteur devrait vous contacter pour vous confirmer cette demande et vous donner si nécessaire quelques explications supplémentaires. Non, tout est parfaitement clair… Une fois le courrier lu et relu, on se dit que le groupe en question ne doit pas être signataire de la Charte des Relations fournisseurs responsables. Et sûrement pas du label du même nom. Et même que la segmentation de leur panel ne doit pas être très bien aboutie. Achats directs, achats indirects, achats de sous-traitance, achats de services, tout doit être bien mélangé. Ou peu leur importe peut-être aussi. Tant qu’à faire, à demander des réductions, autant les demander à tout le monde. Quoi qu’il en soit, la prochaine fois que nous entendrons les professions de foi, la main sur le cœur, foi d’animal, intérêt et principal, de tous ces acheteurs qui se disent désormais adeptes de relations responsables avec leurs fournisseurs, nous les écouterons avec une petite lumière rouge allumée dans la tête. C’est bien vrai, tout ça ? A suivre…

Courrier aux fournisseurs

Publié le 10/11/2017 - Par la rédaction

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