Publicité

E-achat Evénement

Actualité

Publié le 10/04/2017 - Par la rédaction

Conférence EM Lyon-Ovëus-Per Angusta : la digitalisation des achats, une opportunité pour décloisonner

Le Club Achats de l’EM Lyon, le cabinet de conseil Ovëus et Per Angusta ont organisé, jeudi 16 mars une table ronde pour cerner différentes questions sur la digitalisation des achats. Après une intervention de Philippe Portier, deux responsables achats ont apporté leur témoignage : Valérie Leclercq, Directrice des Achats, Moyens Généraux et Immobilier, Adecco, et Jean Philippe Agassoussi, Directeur des Achats Groupe, Aldes.

Xavier Galonne, Président du Club Achats EM Lyon, Pierre Laprée, Dirigeant et fondateur de Per Angusta, Bertrand Constanty, Senior Consultant Conseil d’Ovëus complétaient le plateau des intervenants. Dans son intervention liminaire, Philippe Portier, Professeur à l’EM Lyon en stratégie des Achats et management,  prévenait : « A l’heure où nous pouvons tout savoir sur le client à chaque minute, à quoi cela sert-il de tout savoir sur lui si nous ne savons pas le servir ? ». Les achats prennent toute leur place dans cet environnement connecté. « Rester dans son silo fonctionnel serait une erreur fatale..» énoncait-il.

Aujourd’hui, la digitalisation s’avère davantage un problème social que technique. L’acheteur va devoir changer de posture et passer d’une attitude « j’optimise » à une autre : « je transforme ».  Cela va avoir pour conséquence d’apporter une vision « système » à contrario d’une vision « fonction ». Il faudra bien distinguer l’outil et le process. Philippe Portier avait cette formule pour conclure : « Sans l’intelligence de la question, la donnée est bête ». Le pré-requis sera cependant et toujours la maitrise du métier de base de l’acheteur.  Les compétences identifiées pour l’acheteur de demain dans l’ère du digital seront des compétences à la fois business, métier, digital et transformation (conseil, management, leadership…).

Changement de posture

Chez Adecco, le digital est une priorité d’entreprise. Le groupe a lancé son agence en ligne en 2016 avec déjà 40% des commandes passées en dehors des heures d’ouverture. « Pour les Achats, le digital constitue avant tout un moyen pour travailler avec le client interne, gagner en efficacité, ne plus avoir chacun son fichier Excel et courir après les tableaux de bord nous » précisait Valérie Leclercq. Elle rappellait la place de l’acheteur dans l’organisation et l’importance dans sa fonction de la relation avec le client interne, avec le fournisseur et son rôle prépondérant de négociateur. Les achats ne sont pas que des « savings » ni les acheteurs des « cost killers ». Toutefois, le gain de temps que permet le digital en donnant la possibilité d’avoir en un seul clic les données et son reporting permet de proposer plus à l’organisation.

De son côté, Aldès est une ETI familiale (3e génération). La direction des achats est composée de 21 personnes dont 12 à Lyon et 9 répartis dans le monde (Danemark, Chine, Dubai, Canada). De par sa taille, il n’y a pas de titulaire pour chaque domaine d’achats. Jean-Philippe Agassoussi devait expliquer avoir essayer beaucoup d’outils : des « outils d’ingénieurs » avec 25 critères en entrée, des outils développés en interne ou avec des stagiaires… Pour un besoin finalement très simple : avoir un outil qui facilite la vie à une une équipe Achats par nature géographiquement très répartie Mais un outil qui, sans aller dans le contrôle de gestion, fournit des clés pour assembler les données et leur donner du sens.  Jean-Philippe Agassoussi concluait : « Les grands avantages concurrentiels que nous pouvons amener ne viennent pas avec des pratiques de « 1ers de la classe ». Souvent, l’acheteur se positionne comme un « facilitateur », qui va faire partie d’un réseau, communiquer et apporter une réponse… »

Les outils, simple vecteur

Une question qui revient quand on parle des outils : « Comment fait-on sortir les achats du ghetto ? » Une réponse pourrait être : ne pas être un acheteur qui court après des fichiers Excel ou ne vit qu’à travers eux.  Ce nouveau rôle d’animateur collectif que permet la digitalisation des achats prend du sens et encore plus dans un contexte où anticiper à long terme reste difficile et où il est nécessaire de pouvoir s’ajuster en permanence et faire preuve d’agilité.

Les outils ne sont pas une réponse en soi mais un vecteur. Les outils peuvent aider les acheteurs à rendre leur rôle lisible et permettent de libérer du temps pour échange et trouver des solutions entre les hommes complétait Pierre Laprée de Per Angusta. Libérer du temps à l’acheteur pour amener l’organisation dans la croissance et l’innovation soulignait aussi un participant dans la salle. Jean-Philippe Agassoussi d’Aldès partageait le constat que l’outil « embarque les hommes dans des process et crée des éléments de langage commun ». Ainsi l’outil permet aujourd’hui que des actions d’optimisation et/ou de performance soient aussi portées par des fonctionnels et non plus seulement par les Achats. Le décloisonnement devient réel.  L’acheteur sort de son rôle de « propriétaire des données », changer de posture pour créer de la valeur.

La question des moyens donnés aux Achats pour se digitaliser en termes de budget était abordée lors de la séance de questions/réponses. Jean-Philippe Agassoussi prenait position : « pour que les outils fonctionnent, il faut partir sur des principes simples, or bien souvent, les organisations ont tendance à complexifier et c’est pour cela les projets n’avancent pas ».

Pour conclure, la digitalisation amène l’acheteur à changer de posture et aller vers ses clients internes. Et vice-versa. Deux questions apparaissaient toutefois au centre du débat : le budget alloué (ou son absence) et la reconnaissance du travail qualitatif et humain encore trop rare et difficile à valoriser.


Article rédigé à partir des notes fournies par les organisateurs


Publié le 10/04/2017 - Par la rédaction

Soyez les premiers à régir à cet article

Réagir à cet article

Les réactions sont réservés à nos lecteurs ayant un compte.
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°265 - Novembre 2017

Les indicateurs

Les indicateurs Commoprices

Le catalogue

Le catalogue Silex

Nos partenaires

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play