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Publié le 12/02/2018 - Par la rédaction

Baromètre Obsar : le TCO et l’économie circulaire à la traine

La 9e édition du baromètre de l’Observatoire des achats responsables (Obsar) met en avant une structuration des démarches RSE au sein des directions des achats. Des progrès restent cependant à réaliser sur le coût global, l’économie circulaire, les délais de paiements et la connaissance RSE du panel fournisseur.

Mené par l’institut OpinionWay pour le compte de l’Obsar, le baromètre des achats responsables 2018 confirme le bon ancrage de la RSE au sein des organisations privées et publiques. Les sondages ont été réalisés fin 2017 auprès de 269 responsables des achats, dont 64 % travaillent en entreprise et 36 % dans des administrations. Un chiffre en hausse par rapport à 2017 (221 répondants) mais qui n’atteint toujours pas les niveaux de 2016 (351) et de 2015 (414). Cela reste un public averti puisque 85 % du panel affirme avoir une bonne connaissance des réglementations, des référentiels et des bonnes pratiques en matière d’achats responsables (contre 82 % en 2017).

Par ailleurs, 40 % des répondants estiment que la mise en œuvre ou l’approfondissement d’une politique d’achats responsables est une priorité alors que pour 51 % c’est un élément parmi d’autres, des chiffres relativement stables par rapport à 2017. Autre signe attestant de la maturité de la RSE : les référentiels spécifiques aux achats responsables gagnent du terrain sur les référentiels plus globaux. Par ailleurs, parmi les personnes ayant mis en place une politique d’achats responsables, la conformité réglementaire représente le critère le plus important (97 %). Les nouvelles réglementations telles que la loi Sapin II, le devoir de vigilance ou encore la loi anti-corruption, placent désormais les achats responsables au cœur des enjeux réglementaires.

 

La complexité de la notion de coût global

La maîtrise des coûts et des risques constitue également un critère important (95 %) et 82 % des responsables ayant mis en place une politique d’achats responsables disposent d’au moins une forme de cartographie ou d’analyse des risques, un chiffre stable par rapport à 2017. La plupart des entreprises (60 %) analysent les risques en fonction des types d’achats.

En revanche, la maîtrise du coût global des produits est plus délicate. Seuls 59 % des répondants ont indiqué appréhender cette notion, soit un recul de 12 % par rapport à 2017. Selon l’Obsar, cette dégringolade s’explique par le fait que le panel a une meilleure perception de la complexité de cette approche. Les chiffres 2018 traduiraient ainsi une vision plus réaliste de l’utilisation de ce sujet par les acheteurs.

Cette année, le baromètre s’est d’ailleurs attaché à identifier les différents postes de coûts pris en compte par les acheteurs dans leurs achats. Les coûts d’acquisition arrivent, sans surprise, en tête (94 %). Ils sont suivis par les coûts d’économie, ce qui montre que dans l’esprit des acheteurs, acheter responsable n’est plus synonyme d’acheter plus cher, bien au contraire. En revanche, les coûts de fin de vie caracolent à la cinquième position. L’Obsar estime qu’un gros effort de pédagogie reste nécessaire en matière d’économie circulaire.

 

Des délais de paiements à améliorer

Concernant le choix des fournisseurs, 82 % des répondants prennent en compte en priorité les fournisseurs installés sur leur territoire. Viennent ensuite les PME, pour 74 % du panel, avec une forte appétence pour les PME innovantes. 68 % des entreprises interrogées achètent plus de 10 % de leur budget achat auprès des TPE/PME, un niveau identique à celui de 2017. A noter que le secteur public se distingue, avec 80 % des acheteurs qui consacrent plus de 10 % de leurs dépenses aux petites entreprises.

Bon point également pour les organisations publiques du côté des délais de paiement : 37 % d’entre elles payent leurs fournisseurs en moins de 30 jours, contre seulement 5 % des entreprises de plus de 250 salariés. Elles sont 56 % à déclarer des délais compris entre 46 et 60 jours, ce qui reste un point à améliorer. Les répondants qui ont engagé des actions pour réduire ces délais (dématérialisation des factures, système Chorus, etc.) sont cependant majoritaires (62 %).

Autre point à améliorer : la connaissance de la performance RSE des fournisseurs puisque moins d’un répondant sur deux (48 %) affirme maîtriser ce sujet (contre 56 % l’an dernier). Selon l’Obsar, ce recul traduit une meilleure prise de conscience des limites de ces connaissances par les acheteurs, renforcée par les nouvelles exigences réglementaires. Parmi les répondants ayant mis en place une politique d’achats responsables, 92 % utilisent au moins un mode d’évaluation de leur fournisseur, en majorité des questionnaires et des audits internes et externes.

 

La contrainte budgétaire s’essouffle

Plusieurs freins à la mise en place d’une démarche d’achats responsables ont également été pointés du doigt. En tête, un manque d’indicateurs de mesure et de référentiel clair (45 %), un manque d’expertise interne ou de formation (33 %), des objectifs contradictoires (33 %) et des contraintes budgétaires (33 %). A noter que les contraintes budgétaires représentaient le principal frein en 2012 lors de la première édition du baromètre (55 %) et sont, au fil des années, de moins en moins citées.

Parmi les motivations à adopter une démarche d’achats responsables, le respect des valeurs sociales et sociétales (58 %) la réduction des risques (48 %), l’image de l’organisation (44 %) et la conformité réglementaire (44 %) constituent des objectifs très importants. Les achats responsables sont également de plus en plus perçus comme un levier de performance et d’innovation.

Publié le 12/02/2018 - Par la rédaction

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