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Publié le 01/03/2016 - Par la rédaction

Afep Medef : Les Achats, grande cause patronale

Pour preuve de leur volonté d’apaiser les relations clients fournisseurs, l’Afep et le Medef viennent de publier un guide de bonnes pratiques, rendu public fin février en présence d’un ministre de l’économie qui s’est voulu offensif sur ce sujet épineux.

Elaboré par l’Afep (Association française des entreprises privées) et le Medef (Mouvement des entreprises de France) avec le soutien de l’association Pacte PME, ce document intitulé « Etre plus forts ensembles » reprend, à travers une cinquantaine de bonnes pratiques, des recommandations déjà émises par Pacte PME ou la Médiation des entreprises (voir encadré). D’autres diffèrent toutefois, en particulier l’affirmation de la responsabilité des comités de direction des grandes entreprises en ce qui concerne l’impulsion à donner aux chartes de bonnes pratiques achats et le contrôle de leur application. Une autre retient plus particulièrement l’attention : « remonter la politique d’achat, qui est une politique stratégique, au niveau de la direction générale ». Cette montée au créneau des grands patrons ne révolutionnera peut-être pas les politiques achats des grandes entreprises, mais elle représente un signe supplémentaire du repositionnement de la fonction, invitée à apporter sa pierre à la croissance… ou, à défaut à ne pas l’entraver.

« Nous devons relever deux grands défis pour retrouver la croissance : se mondialiser et construire le futur. Nous avons tout pour réussir ces doubles défis, mais il faut que nous arrêtions de nous bagarrer entre Français », rappelait ainsi le président du Medef Pierre Gattaz, concluant la matinée de présentation de ce document sur l’air bien connu du « chassé en meute ».

 

« Des politiques achats nationales »

La présence du ministre de l’économie et des finances Emmanuel Macron en ouverture de cet événement a apporté un autre indice d’un regain d’attention pour les Achats, en développant une vision du rôle de la fonction plus élaborée que celle de ses prédécesseurs, qui dépassaient rarement l’injonction vagues au Made in France. Emmanuel Macron a notamment rappelé la place importante prise, dans les travaux des comités stratégiques de filière, par les réflexions sur les relations clients fournisseurs. « Au sein des filières, nous avons à construire des stratégies d'achats. Beaucoup de choses peuvent être améliorées par des politiques d'achats nationales par filières. Je ne suis pas en train de dire bêtement il faut acheter français, mais on ne se demande jamais où sont produits les biens que l'on a achetés », a déploré le ministre.

Autres points d’attention pour le ministre, la question du financement, avec notamment la possibilité du financement interentreprises ouvertes par la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances (loi Macron 1) ; celle de l’export et l’importance pour les donneurs d’ordres d’y accompagner leurs sous-traitants ; ou encore le lien entre financement de l’innovation et relations entre grandes entreprises et PME et startups. « Nous devons tisser un écosystème French Tech avec les grands groupes et les ETI », a affirmé le ministre.

 

Contre-exemple et modèles à suivre

S’il a ouvert des perspectives enthousiasmantes, Emmanuel Macron n’a pas manqué de rappeler sa détermination à punir les entreprises hors la loi en matière de délais de paiement. Outre la pratique du « name &  shame », il a déjà à son actif un accroissement des contrôles de 70 % et pour la seule année 2015, 135 sanctions appliquées pour un montant de quatre millions et demi d'euros d'amendes. « La question des délais de paiement est un sujet formidablement important sur lequel nous ne sommes pas bons », a-t-il reconnu englobant dans ce constat les donneurs d’ordres publics, pour lesquels une charte est en cours de finalisation.

Mais pour le ministre comme pour le patron des patrons, le recours à la puissance publique pour réguler les relations clients fournisseurs a ses limites. « La loi ne peut pas tout régir. La réponse est entre vos mains » déclarait le premier – « Surtout pas de loi ! Nous nous prenons en main », lui répondait le second, après en avoir apporté l’illustration à travers le témoignage de plusieurs binômes grands groupes PME.


(la suite de cet article dans le numéro d'avril de La Lettre des Achats)

Publié le 01/03/2016 - Par la rédaction

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