Publicité
La Lettre des Achats - Octobre 2018 N°275
Octobre 2018

Tendances

Événement

Baromètre ISO 20400
Achats responsables, suivez le guide !

Par Cécile Bontron

Baromètre ISO 20400

Achats responsables, suivez le guide !

Le baromètre de la norme ISO 20400 lancé en septembre montre que les donneurs d’ordres commencent à s’impliquer dans leurs achats responsables. Mais si les services et le commerce font figures de bons élèves, l’industrie, les ETI et le secteur public sont encore loin derrière.

Plus d’un an après la publication de la norme ISO 20400, son baromètre annuel a été lancé jeudi 6 septembre devant une salle de près de 300 personnes à la Maison de la RATP à Paris. Le but : promouvoir et animer la vie de la norme d’achats responsables, non certifiante. Et le premier constat semble de bon augure pour la norme car 66 % des donneurs d’ordres interrogés la connaissent au moins de nom. « Nous ne nous attendions pas à un taux de notoriété si fort, assure Jacques Schramm, fondateur du cabinet A2 Consulting représentant l’ensemble des promoteurs de la norme tels le Médiateur des entreprises, Pacte PME, l’Observatoire des achats responsables, l’Afep (association française des entreprises privées), ou encore le PNUE (programme des Nations Unies pour l’environnement). La norme semble avoir été bien accompagnée dans son lancement.
Mais elle arrive également dans un contexte favorable. « A l’Obsar, tous les ans, nous voyons une augmentation de la sensibilisation aux achats responsables, a assuré Pierre Pelouzet. Aujourd’hui toutes les entreprises sont sensibilisées et y réfléchissent. Maintenant, l’étape suivante, c’est : "comment fait-on" » Pour le Médiateur des entreprises, l’ISO 20400 doit aider les donneurs d’ordres publics et privés. Et dans le contexte actuel « il y a urgence », a asséné le Médiateur.

Un écart entre les bons et les mauvais élèves


L’ISO 20400 est un guide pratique de recommandations et le baromètre permet donc de mesurer les avancées des grandes organisations. Or sur des actions essentielles telles que la création d’une cartographie des risques, d’un système de gouvernance des achats responsables, l’intégration du devoir de vigilance dans le management des risques, ou l’analyse du coût du cycle de vie (TCO, total cost of ownership), le baromètre révèle un écart important entre les bons élèves, commerce et services, et les moins bons, secteur public, ETI (entreprises de taille intermédiaire) et industrie. Ainsi, seuls 7 % des répondants dans l’industrie disposent d’un système de mesure de la performance pour améliorer les achats responsables contre 40 % dans les services. A la suite d’une évaluation de leurs fournisseurs moins d’un quart des organisations publiques (20 %) mènent des actions concrètes contre 51 % des entreprises privées.
Le secteur public, comme les ETI, pâtissent encore d’un manque de maturité achat, mais l’explication ne s’applique pas à l’industrie. « Dans l’industrie, les chaînes d’approvisionnement sont souvent internationales et complexes, a argumenté Yves Bataillon Debès, le directeur achats du groupe Air Liquide. Pour l’achat responsable, il faut une proximité avec les fournisseurs. Chez Air Liquide, 80 % de nos achats sont locaux. Cela nous permet une bonne maîtrise du risque RSE. Aujourd’hui nous maîtrisons bien les risques des fournisseurs de rang1 mais pas encore du rang2, c’est un travail en cours. »
Le baromètre montre également que l’impact des achats se fait plus prégnant sur des thèmes dont les enjeux ont été investis depuis longtemps. Ainsi, 82 % des répondants affirment contribuer significativement (« mieux que partiellement ») au développement de relations de confiance avec leurs fournisseurs ; 71 % assurent contribuer à favoriser le délai de paiement rapide des factures. A contrario, 53 % estiment contribuer significativement à une utilisation plus responsable des ressources et 29 % à une atténuation de l’impact des changements climatiques.

Label, plus norme, plus baromètres


Plusieurs acheteurs présents, déjà impliqués dans l’ISO 20400, ont témoigné sur leur appropriation de la norme. Pour eux, doublé avec le label « fournisseurs et achats responsables » qui intègre désormais la norme dans son référentiel, l’ISO 20400 est un outil à plusieurs dimensions. « Il est difficile d’aller vers la norme si l’on veut l’appliquer dans sa globalité et en une seule fois, a témoigné Yves Bataillon Debès. Mais elle aide à prioriser. » Pour Jean Bouverot, responsable des achats ministériels au ministère de la Défense, l’aval doit venir du plus haut niveau pour marquer l’engagement du top management. « La Direction des achats de l’Etat donne les orientations, le "quoi", et le document normatif donne des lignes directrices sur le "comment", a-t-il expliqué. Elle offre également des arguments pour communiquer ». Bruno Chrétien, responsable management environnemental du groupe Orange a abondé « Le label ou l’évaluation de la norme est une reconnaissance pour les Achats. Elle donne de la visibilité par rapport aux clients et vis-à-vis de certaines agences de notation. »
L’enquête du baromètre a été menée par Opinion Way auprès de responsables achats, achats responsables ou de développement durable de 200 entreprises représentatives, sur la base de réponses déclaratives. Or François Perret, directeur de Pacte PME a rapproché le baromètre ISO 20400 de celui de Pacte PME. Les différences entre les deux ont montré une certaine tendance à l’optimisme des donneurs d’ordres sur la question de la relation de confiance avec les fournisseurs par rapport à la vision de ces derniers. Mais les pistes d’amélioration restent très larges.

Par Cécile Bontron

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°286 - Octobre 2019

Le catalogue

Le catalogue Silex

Nos partenaires

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play