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Par la rédaction

Équipes : les nouveaux talents arrivent

Jamais la proportion des directions achats qui programment des recrutements n’a été aussi importante. Et le profil type des acheteurs commence à évoluer tout doucement vers plus de managers, plus de créatifs, plus de jeunes et plus de femmes. Affaire à suivre…

Littéralement étouffés durant les années de vache maigre consécutives à la crise des subprimes, les recrutements dans les services achats remontaient tout doucement la pente, jusqu’à l’an dernier où plus d’un quart des directions achats annonçait une hausse de ses effectifs. Un résultat encourageant, mais sans commune mesure avec ceux qui ressortent du TOP250 2018, qui marque une rupture sans précédent : cette fois, c’est plus du tiers des directions achats interrogées qui déclarent une hausse de leurs effectifs.
Une tendance largement confirmée par la provenance des personnes recrutées. Cette année, le ratio s’est enfin inversé entre recrutements internes et recrutements externes qui passent en un an de 49 % à plus de 55 %. Et c’est tout à fait logiquement que, dans les profils recrutés, les personnes n’ayant pas de parcours d’acheteurs deviennent encore un peu plus minoritaires, passant de 32 % à 30 %.

Les directions achats de taille moyenne recrutent plus


Toutes les entreprises ne sont pas égales face à ces recrutements. Ils concernent proportionnellement beaucoup plus de directions achats de tailles moyennes et petites que les plus grandes. Ainsi, c’est dans la tranche des directions achats de 30 à 99 personnes que la proportion des effectifs en hausse est la plus forte, à près de 53 %. Les plus petits services achats de moins 30 personnes contribuent moins que la moyenne à cette tendance, à 32 %, mais inversement presque aucun service achats parmi eux ne réduit ses effectifs.
C’est dans la tranche des grands services achats, de 100 à 300 personnes et de plus de 300 personnes que l’on trouve la plus forte proportion de service achats réduisant leurs effectifs. Certains sont dans des entreprises ayant rencontré des difficultés majeures avec des plans sociaux à la clef, mais beaucoup d’entre elles au contraire sont plutôt dans des dynamiques de croissance. Il est donc plus probable que la maturité de leurs services achats et leur taille critique autorisent désormais des gains de productivité.
Parmi les secteurs d’activité les plus concernés par les hausses d’effectif, on trouve le secteur hôtellerie et hébergement de longue durée (près de 80 %), l’agroalimentaire (plus de 70 %), le BTP plus de (60 %), la banque assurance (plus de 60 %), ainsi que les industries mécaniques (57 %).









La parité presque atteinte


Dans l’évolution de la sociologie de l’acheteur et de l’acheteuse, le début de cette vague de sang neuf se fait déjà sentir. La parité n’a jamais été aussi proche, avec 49,5 % de femmes dans les équipes achats, soit un demi-point de plus que l’an dernier et un bastion industriel qui résiste à 54 % de présence masculine, mais des directions achats du tertiaire qui creusent un peu plus l’écart avec plus de 53 % d’acheteuses (52 % en 2017).
Sur le plan de l’âge le rajeunissement des effectifs se compte en mois, avec un âge moyen dans les services achats de 39 ans contre 39 ans et demi l’an dernier. Dans le même temps, l’écart-type se creuse entre la direction des achats à la moyenne d’âge la plus élevée – 53 ans contre 51 ans l’an dernier – et la plus jeune – 27 ans, contre 29 ans l’an dernier.
Les fonctions et types de poste proposés aux acheteurs évoluent également légèrement. Les postes de managers achats s’accroissent, passant de 8 % à 11 % des effectifs totaux. Mais comme l’an dernier la majorité des acheteurs demeure des acheteurs locaux (sites, pays ou région) qui représentent 25,5 % de la population totale d’acheteurs suivis par les acheteurs familles (19,5 %), eux-mêmes talonnés par les approvisionneurs (19 %). Viennent ensuite les acheteurs projets dont la proportion s’accroît d’un point et demi, passant de 11 à 12,5 % en un an. Les responsables qualité fournisseurs (6 %) et les fonctions support aux achats (5 %) complètent ce tableau.
Des fonctions support dont les plus fréquentes demeurent les responsables SI achats (83 % des répondants), les responsables contrôle de gestion achats (67 %), les responsables juridiques (64 %), les responsables performance achats (64 %). A noter également la légère montée en puissances des responsables RSE passés de 56 % des répondants à 58 % et des responsables innovation achats passés de 29 % à 32 % des répondants.






De plus en plus besoin d’innovateurs


En définitive, c’est surtout en listant les compétences à développer dans leurs équipes que les directeurs achats donnent les meilleurs indices de ce que la fonction achats pourrait devenir en attirant de nouveaux talents dans ses rangs. Si la gestion de projet reste à leurs yeux la première compétence à développer, l’innovation devient à présent la compétence numéro 2 et gagne plus de huit points, citée par 52 % des directeurs achats, reléguant en deuxième position les SI achats (45 %). Viennent ensuite les relations fournisseurs (42,5 %), la RSE (41,5 %) et le Business développement (41,5 %).
Les autres compétences à connaître de fortes progressions dans les attentes de directeurs achats sont la gestion de contrat (34 % contre 29 % en 2017) et l’expertise technique (27 % contre 23 % en 2017). A l’inverse, des compétences catégorisables dans les basiques achats connaissent une chute de popularité importante : la négociation passe de 41 % à 36 %, la compétence juridique de 29 % à 25 % et la compétence finances de 30 % à 24 %.
Pour compléter ce tableau, les savoir-être attendus sont multiples, cités dans des proportions toujours plus importantes et toujours dans le même ordre : le leadership (77 %), la communication (55 %), la créativité (53 %, contre 50 % en 2017), l’adaptabilité (42 %), les relations interculturelles (32 %), la capacité d’écoute (27 %, contre 23 % en 2017), la diplomatie (13 %) et les relations intergénérationnelles (5 %).

















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