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Publié le 25/06/2013 - Par Anthelme de Cyrénac

SaaS, Licence, Cloud ou ASP

La guerre des acronymes

Et le directeur des achats, étranger à ces querelles, interpelle les éditeurs de logiciels et leurs conseils : « Quand proposerez-vous des applications avec une qualité et un niveau de service telles que proposées aux particuliers ou au B2C ? » Questionnons ces acronymes, leur modèle économique et leurs technologies afin qu’une fois le brouillard dissipé et les risques maîtrisés, s’ouvre une collaboration pleine de promesses et de succès partagés.
A une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire.
George Orwell dans « 1984 ».


ASP, SaaS ou Cloud. Derrière les acronymes relevant autant de réalités technologiques que de querelles de chapelle, nous devons voir d’abord un bouleversement économique. Jusqu’à l’arrivée des abonnements à des applications internet, le métier d’un éditeur était simple. Les licences produisent du cash et la valeur de l’entreprise est calculée sur le montant total des contrats de maintenance logiciel. Avec l’arrivée des abonnements, des éditeurs proposent leur logiciel comme un service. L’éditeur voit ses revenus par affaire divisés par cinq mais sa valeur calculée sur le montant total des abonnements motive les investisseurs. Pour les Européens, l’absence de génération de cashflow rend difficile la compétition contre le dumping financier des éditeurs bénéficiant de systèmes fiscaux avantageux. Un éditeur pourra faire évoluer son offre vers le mode SaaS. Ce choix impliquera, au mieux, un arrêt de la croissance du chiffre d’affaires annuel pendant deux ou trois ans. Les actionnaires des sociétés de taille intermédiaire le supporteront difficilement. Les grands éditeurs préféreront acquérir des sociétés afin de communiquer sur l’avenir sans changer leur business model.

Dans les e-achats, le modèle le plus courant reste l’ASP


L’éditeur propose son application en abonnement, en plus du mode licence. Il est très réactif aux demandes de ses clients ; il délivre dans des délais, inférieurs à 30 jours, de nouvelles fonctions métiers ; il acquiert une expertise métier. La qualité fait parfois défaut, la maintenance des différentes versions peut s’avérer difficile ; il arrive que l’expertise disparaisse avec la rotation des collaborateurs ; les changements de versions sont douloureux, mais les porteurs de projets complexes y trouvent leur intérêt.

Le SaaS est appelé à devenir le standard


Il représente un saut technologique pour les acteurs en place, qui devront développer une nouvelle application. Deux ans de projet tout en assurant le quotidien, l’évolution ne passera pas inaperçue. De nouveaux entrants pourraient proposer des ruptures au bénéfice du client qui aura accès à une application web munie de possibilités de personnalisation et de paramétrage très étendues. L’on reconnaîtra facilement une telle plate-forme, dite multitenant, car chaque client bénéficiera de la même version, avec les mêmes nouveautés et les mêmes améliorations au même moment. Les changements de versions sont le plus souvent semestriels, presque transparents pour la direction métier. Les innovations sont diffusées automatiquement à l’ensemble des clients ; il restera à s’assurer que l’éditeur continuera bien à innover !

Le Cloud est le nec plus ultra


C’est une application SaaS bénéficiant en sus d’une infrastructure technique très évoluée permettant d’obtenir un niveau de disponibilité largement supérieur aux 99,5 % des applications ASP/SaaS, un peu faible parfois. Imaginez Google ou Facebook s’autorisant neuf heures d’arrêt imprévu par mois ?

De la licence au Cloud, l’artisanat fait place à l’industrialisation


Affirmons haut et clair qu’ASP, SaaS, Cloud ou licence sont tous valides pour une direction métier. Le mode licence offrira le confort de posséder les applications, au prix de ressources internes formées suivant des méthodes de maintenance rigoureuse. Les applications ASP/SaaS/Cloud, nées de ces contraintes, complèteront les opportunités offertes à la direction des achats. Les coûts d’implémentation et de maintenance baisseront drastiquement, à condition que l’éditeur et ses partenaires aient su ou voulu adapter leurs hommes et leurs méthodes. L’ASP s’adaptera à vos demandes proposant un logiciel à votre image ; le SaaS vous offrira le confort douillet d’une application définie par d’autres.

Publié le 25/06/2013 - Par Anthelme de Cyrénac

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