Publicité

Publié le 30/06/2020 - Par Guillaume Trécan

Jean-Marc Espagne (Sanef) : « une illustration grandeur nature de tout ce pour quoi nous plaidons depuis mon arrivée »

Les trois derniers mois, la direction des achats du groupe autoroutier a fait face aux défis du maintien de l’activité en authentique acteur de la « deuxième ligne ». À présent, face au péril du risque fournisseurs les ambitions de professionnalisation des achats manifestées par la DG en faisant monter la fonction au codir sont plus que jamais justifiées.

De quelle manière le confinement a-t-il impacté l'activité de Sanef ?

Toute l’activité tertiaire a été mise en télétravail et les travaux sur chantier se sont naturellement réduits. Sur l’exploitation nos activités se sont poursuivis de par notre obligation de mission de service public. Nous avons donc poursuivi nos activités d’entretien du réseau, de mise sécurité du tracé, de gestion des accidents, de gestion des clients notamment des chauffeurs poids lourds alimentant les cœurs de ville pour les besoins des hôpitaux des commerces de première nécessité, etc… d’autant plus qu’il a fallu renforcer la sécurité sanitaire sur les aires de services, s'assurer que nos partenaires commerciaux continuent à travailler. Nous avons fait partie de la « deuxième ligne » en quelque sorte. Tout cela dans le contexte d’une baisse de près de 80 % du trafic.


Comment cela s’est-il répercuté sur les fournisseurs ?

Notre activité d’exploitant a continué avec toute la chaîne fournisseurs qui va avec, comme par exemple la fourniture de matériels, les prestations d’entretiens, la maintenance des péages notamment… tout ce qu’il était possible de faire en distanciel comme les prestations intellectuelles. Par exemple a été conservé le développement logiciel pour l’amélioration de notre gestion péage et trafic. Pour notre activité de travaux publics, qui représente deux-tiers de nos montants achats, toutes les entreprises opérant sur chantier se sont arrêtées de mi-mars à fin mars à la suite des annonces du gouvernement. Nous avons continué à travailler néanmoins avec nos partenaires sur les études amont de nos chantiers, et aussi les maîtrises d'œuvre afin de préparer déjà une future reprise. À partir du 15 avril, nous avons essayé de relancer un certain nombre d’activités sur chantier dans le strict respect des préconisations imposées par la profession et à présent nous fonctionnons de nouveau à plein.


Comment avez-vous accompagné ce trou d’air au niveau de la communication vis-à-vis des fournisseurs ?

Les premiers jours, nous nous sommes concentrés sur nos propres salariés. Maintenir notre mission de service public signifiait mettre en sécurité notre personnel avec des EPI, des masques et du gel. Qui dit télétravail dit aussi être capable d’assurer le fonctionnement des réseaux VPN et gérer la fourniture d’équipements informatiques adaptés à la situation. Le maintien d’activité impliquait également une intervention des Achats en ligne avec notre plan de continuité d’activité, notamment pour garantir la prestation d’information par la radio 107.7 et que nos patrouilleurs restaient opérationnels.

Nous avons ensuite commencé à dialoguer avec les partenaires qui, eux, devaient s'arrêter sur les chantiers. Toutes ces entreprises de TP sont bien organisées autour des organismes qui les regroupent, comme l’OPP BTP, qui a très vite rédigé un très grand nombre de préconisations et de règles. Les situations étaient plus ou moins complexes en fonction des entreprises et de leur activité. Certaines interviennent seules sur des équipements isolés en pleine campagne, tandis que d’autres interviennent à plusieurs sur des chantiers complexes comme le projet d'élargissement de l'A13 entre Pont-l’Évêque et Dozule, nécessitant une coordination toute particulière. Si ces chantiers complexes ont pris plus de temps à redémarrer, nous pouvons nous satisfaire d’avoir vu les autres redémarrer assez vite, puisque ce sont précisément ceux qui sont assurés par de petites entreprises locales. Nous avons fait en sorte de maintenir nos plannings de consultation en faisant tout pour que ces entreprises les plus fragiles et exposées retrouvent de l’activité au plus vite. C’est notre rôle de donneur d’ordres et de maîtrise d’ouvrage.


La notion de fournisseurs critiques est-elle bien partagée au plus haut niveau de l’entreprise ?

En faisant la démarche de faire monter la direction des achats au comité de direction, le directeur général a déjà manifesté sa volonté de voir les Achats s’exprimer au-delà du transactionnel, sur la gestion de projets, la maîtrise du risque fournisseur et la gestion de la relation fournisseur. Ce qui vient de se passer dans les trois derniers mois, a fourni une illustration grandeur nature de tout ce pour quoi nous plaidons depuis mon arrivée et c’est un levier d’accélération de la transformation achats. Cela nous permet de faire passer en quelques semaines un certain nombre de mesures qui auraient pris plusieurs mois à être mises en œuvre en allant convaincre un par un tous les directeurs opérationnels de l’entreprise. Ce sont des process, des modes de fonctionnement, des terrains de jeu nouveaux pour les Achats qui se concrétisent.

Publié le 30/06/2020 - Par Guillaume Trécan

Le dernier numéro

Dernier numéro

N°294 - Juin 2020

Le catalogue

Le catalogue Silex

Retrouvez la revue en format tablette

Apple store Google Play