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Publié le 24/06/2020 - Par Guillaume Trécan

Frédéric Massa (Naval Group) : « Nous avons joué un rôle de leader de la filière des industries de la mer »

Call center dédié, support pour bénéficier des aides de l’Etat, fourniture de masques et gels hydroalcoolique a toute la filière… la direction des achats de Naval Group a mis en œuvre une série de mesures pour soutenir ses fournisseurs. Si elle concentre particulièrement son attention sur les entreprises de la BITD (base industrielle technique et de défense), le maintien d’un lien étroit avec tous ses fournisseurs est un enjeu plus que jamais stratégique.

De quelle manière le confinement a-t-il impacté l'activité de Naval Group ?

Nous avons deux activités principales : des activités de services à nos marines clientes, Marine Nationale et marines étrangères ; et les activités de construction neuves de bâtiments de surface, de sous-marin et d’équipements. Pendant la période de confinement, avec une partie de notre panel fournisseurs, nous avons pu assurer nos missions essentielles, en particulier sur les sites de Toulon et de Brest, où est maintenue la posture de dissuasion nucléaire de la France, pour permettre à nos clients de poursuivre leurs déploiements sur les mers et océans sur lesquels ils opèrent. En ce qui concerne la construction neuve, nous avons continué à faire ce qui pouvait l’être en télétravail, en particulier les prestations d’étude et d'ingénierie. Nous avons en revanche réduit considérablement les activités industrielles. Au plus bas notre activité était d'environ 50 % au 30 mars, avec environ 10 % des effectifs totaux en présentiel et environ 40 % en télétravail. Ce qui ne nous a pas empêchés de réaliser les premiers essais en mer du Suffren, le premier SNA de la classe Baraccuda. Et certains de nos fournisseurs ont largement contribué à cette réussite.

La généralisation du télétravail à grande échelle a-t-elle représenté un tournant pour les acheteurs ?

Le télétravail était déjà en place au niveau de la direction des achats mais ne représentait qu’une à deux journées par semaine pour certains de nos collaborateurs. Le fait de basculer en totalité a été un élément fort que nous avons essayé d’accompagner en diffusant à nos collaborateurs un ensemble de bonnes pratiques. Le risque étant un affaiblissement du lien entre les collaborateurs, mais également avec l'ensemble du panel fournisseurs. Nous avons mené trois actions de coordination au niveau des Achats en mettant en place une conférence téléphonique quotidienne entre chaque manager et l’ensemble de ses équipes et entre les managers eux-mêmes jusqu’à mon niveau, de manière à conserver cette appartenance d’équipe. Nous avons également demandé à tous les acheteurs de contacter régulièrement nos fournisseurs – quotidiennement pour certains – de manière à garder le lien et à leur donner le maximum de visibilité possible. Nous avons environ 250 fournisseurs « stratégiques et majeurs », soit trois en moyenne par acheteur référent, le reste des acheteurs étant en contact régulier avec nos fournisseurs locaux.

Quelles autres mesures avez-vous prises pour maintenir le lien avec vos fournisseurs ?

Nous avons mis en place un call center pour que les fournisseurs puissent joindre Naval Group pendant toute la durée du confinement (du 30 mars au 7 mai). Nous avons reçu 44 demandes avec un délai moyen de réponse de trois jours. Les principales questions étaient relatives à des problématiques de livraison, de paiement ou de prévisions d’activité, mais aussi aux mesures mises en place par l’État telles que le chômage partiel. Nous avons aussi ouvert ce call center à l’ensemble des PME et ETI de la filière navale, pour laquelle j’assume le rôle de référent PME ETI au sein du Gican (Groupement des industries de construction et activités navales).

Quelle aide leur avez-vous apportée ?

Pour commencer, évidemment, nous avons continué à les payer à l’heure, quitte pour certains à faire des livraisons virtuelles. Quand nos magasins étaient fermés et que nos fournisseurs avaient du matériel à nous livrer, notre responsable qualité fournisseur vérifiait un certain nombre de documents et de résultats pour prononcer ces réceptions virtuelles. Nous avons ensuite soutenu les PME et ETI de la filière dans la recherche d’aides de l’État, telles que des prêts garantis ou des mesures de chômage partiel. Avec la direction générale de l’armement (DGA), au niveau de sa sous-direction des PME et du service d’intelligence économique, nous avons également effectué un travail d'équipe bihebdomadaire spécifique pour les entreprises de la base industrielle technique et de défense (BITD) de manière à s’assurer de leur capacité à nous accompagner à l’avenir. Nous avons fait à peu près la même chose pour nos partenaires des missions essentielles, mais avec également une relation très étroite avec nos fournisseurs. À la demande de la DGE du Minefi, nous avons aussi joué un rôle de leader de la filière des industries de la mer en commandant du gel hydroalcoolique et plus de 10 millions de masques en Chine pour l’ensemble de la filière.


(La version complète de cet entretien est à retrouver dans notre dossier Direction achats et crise Covid, dans le n° 295 de la Lettre des Achats de juillet-août 2020)

Publié le 24/06/2020 - Par Guillaume Trécan

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